gaiment et légèrement la vie. Il est un jeu natio-nal dont j’ai regretté de ne pouvoir être témoin :il consiste en une gageure faite entre deux hommes,dont l’un doit ramasser par terre un certain nom-bre d’œufs, placés à une toise de distance l’un del’autre, les jeter, un à un , dans une corbeille,et avoir terminé sa tâche avant que son adver-saire, qui a couru à toutes jambes boire un verrede vin au village de Haldenstein , situé à une de-mi-lieue, soit revenu au point d’où il est parti. Ily a toujours une foule considérable de spectateurs,formant baie des deux côtés de la route, et il n’estpas besoin de gendarmes pour y faire la police ; ilsuffit pour cela d’un enfant, armé d’un sac de fa-rine , dont il jette des poignées au nez des récal-citrans, après les trois sommations légales. Lesarrêts de cette justice sommaire sont toujourssanctionnés par les éclats de rire de l’assistance.
Dans les vallées les plus reculées de ce canton,il s’est conservé quelques autres usages curieux quiremontent à une haute antiquité j de ce nombreest la pratique connue sous le nom de Pain de laréconciliation. Lorsque deux hommes se sont juréune haine à mort, si leurs parens et leurs amis par-viennent, par persuasion, ou même en employantla ruse, à leur faire rompre le pain ensemble , on