Band 
Premier volume.
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<t levé nuitamment à mon très honoré seigneur sa« femme et de lui avoir emporté son bien que j’ai« fait passer outre-Rhin , etc., etc. »

Voyez ces paysans qui cheminent, un parapluiesousle bras, et portent, au chef-lieu du canton,le sac contenant les objets inanfacturés , par eux etleur famille , pendant la semaine; ils n’ont assuré-ment rien de Suisse , ni dans leur costume, nidans leur physionomie, non plus que dans leurstructure grêle ; ce sont pourtant les descendansdes fiers vainqueurs d’Amsloss; qui les eût recon-nus? Et ces femmes, occupées à broder et à faire dela dentelle, sont les petites-filles de ces héroïnesde l’Appenzel qui, dans cette journée glorieuse,se revêtirent du sarrau de leurs frères et de leursmaris, pour venir leur aider à vaincre, ou mou-rir à leurs côtés. C’est, assure-t-on, en mémoirede cette circonstance , que les femmes de Gaiss ontle privilège de se présenter, avant les hommes, àla communion.

Dans chaque habitation , on peut voir suspen-due, au-dessus du métier à tisser, la hallebardeteinte du sang autrichien, elle terrible morgens-tern. Qu’il y a loin entre les deux époques que cesobjets si divers rapprochent ! L’héroïsme et les ha-bitudes mercantiles n’ont guères l’air, en effet, de