celui d’Appenzel soumis jadis à la crosse abbatiale,offre des particularités intéressantes et curieuses.On sait que cette abbaye a été la plus puissante quiait existé. Ses abbés marchaient les égaux desgrands vassaux de l’empire , et l’un d’eux disait,avec raison : « Je suis moine dans mon couvent, jesuis prince à la cour impériale. » Leurs préten-tions à une indépendance absolue et leur influencedans le pays portèrent, sans doute, ombrage auxempereurs, puisque au milieu du i5 e siècle, onvoit ceux-ci appuyer les tentatives de la ville deSaint-Gall, déjà alliée aux Suisses , pour se sous-traire à la domination des abbés. Au moyen decette assistance puissante, les bourgeois réussirentà s’affranchir et à se maintenir libres dans l’étroitelimite de leur banlieue. La politique des abbésvariait suivant les circonstances, et un vieil au-teur a dit d’eux, qu'ils portaient tantôt la culottesuisse , tantôt le haut-de-chausses autrichien ; leurposition était difficile ; il régnait jadis, entre lesmembres de la noblesse et les couvens déjà richeset puissans, un esprit de jalousie d’une part et deméfiance de l’autre, qui n’attendaient que des oc-casions pour éclater en hostilités ouvertes. Aussivoit-on les abbés, convaincus de l’insuffisance desarmes spirituelles, en cas de lutte, chercher à se
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