— 4°8 —
procurer, au prix de grands sacrifices, la protec-tion du plus puissant des comtes ou des baronsdu voisinage, et imiter en cela la conduite desvilles nouvellement affranchies. Quelquefois cesfiers et belliqueux prélats dirigèrent en personneles expéditions militaires qui avaient pour but devenger une insulte, ou d’étendre leur territoire.L’un d’eux ne craignit même pas de lever sa ban-nière contre celle de l’empire. L’histoire vaut lapeine d’être racontée, surtout pour sa conclusion.Cet abbé, dont j’ai oublié le nom, s’étant mis enrévolte ouverte contre l’empereur , celui-ci donnaordre, à son avoué ou délégué, le duc de Zœh-ring , de le réduire à l’obéissance par la voie desarmes. L’abbé prit ses mesures pour résister, con-voqua et mit sur pied la petite noblesse des envi-rons qui relevait de lui, arma ses arrière-vassaux etjusqu’à des serfs pour faire nombre. A la premièrerencontre, le duc de Zœhring culbuta cette pe-tite armée, et fit une grande quantité de prison-niers. Les chevaliers et hommes d’armes furentrenvoyés honorablement moyennant rançon, maisles pauvres serfs, les vilains, au nombre de deuxcents, durent subir une opération dégradante,pour les punir d’avoir usurpé le privilège deshommes libres en osant porter les armes. On ne