Band 
Premier volume.
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nade dans laquelle ils jouissent d’une vue remar-quable sur le Rheinthal.

On ne saurait nier cependant que le séjourde Gaiss n’ait pas eu, et n’ait pas encore, chaqueannée, un effet salutaire sur la santé des gens queles médecins allemands et suisses y envoient. L’airtonique et vivifiant de ces montagnes, la vie régléeet monotone que l’on y mène, doivent ajouterala vertu calmante et sédative du petit lait que l’onemploie en breuvage et en bains. L’éloignementoù l’on est du tracas des affaires et du tourbillonsocial contribue , sans doute, à cet heureux résul-tat. Mais ce que je ne puis concevoir, c’est que desgens, sains de corps et d’esprit, aient l’idée devenir ici pour s’amuser et se distraire ; c’est le lieule plus mélancolique que j’aie vu dans monvoyage.

Je m’arrêtai à Gaiss pour dîner; tandis qu’onmettait mon couvert, je remarquai deux cuillères.. en vermeil, d’une forme antique et singulière, etdont les manches étaient curieusement ciselés. Jem’enquis de mon hôte d’où elles lui venaient. Elless’étaient, me dit-il, transmises dans la famille ,de père en fils, depuis fort long-temps; voilà toutce qu’il en savait. Selon toute apparence, ellesavaient jadis fait partie de l’argenterie de cam-