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pagne d’un de ces fiers barons d’Autriche ,ou de Souabe, qui ne se doutait assurémentguères, en quittant son manoir crénelé, qu’il ve-nait se faire tuer et dépouiller à Amstoss par desvachers suisses , et qu’un jour un tourist se servi-rait d’une fricassée d’auberge avec ses cuillers,tout en philosophant sur les vicissitudes hu-maines.
Dès que j’eus dîné, je me rendis sur le champde bataille d’Amstoss, à une petite demi-lieued’ici. On vit, dans cette journée, un noble comtede Werdenberg , poussé au désespoir par la ty-rannie de l’empereur, déposer son casque empa-naché et son écusson armorié, pour faire causecommune avec les pâtres de l’Appenzel , à la têtedesquels il combattit pieds nus, couvert commeeux d’un sarrau de toile, les animant de sonexemple, et concourant, par son courage expé-rimenté, à leur assurer la victoire. L’histoire rap-porte qu’un seul homme, Uli Rotach d’Appenzel,s’adossant à une grange, fit face à douze Autri-chiens , en tua cinq et ne succomba que lorsquela grange, embrasée par l’un des survivans, nepût plus protéger son courage. Ce furent les eauxensanglantées d’un ruisseau qui apprirent aux gensdu Rheinthal cette victoire si chèrement disputée,