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sur le bassin d’Altorf , si riche cl si pittoresque ,ainsi que sur la ville qui, d’ici, fait bon effet. Ilvaut la peine, quand on est à Altorf de bonneheure, de consacrer une soirée à cette course quin’est ni longue ni fatigante.
Il fait bon revoir deux fois les mêmes lieux enSuisse , surtout quand on ne les a vus, une pre-mière fois, qu’au travers de la pluie. La vallée dela Reuss, depuis Altorf jusqu’à Amsteg, est un dessites les plus remarquables que j’aie encore rencon-trés dans mon voyage. Montagnes imposantes ,formes variées et pittoresques, végétation magni-fique, caractère sévère et gracieux tour-à-tour ,ce site réunit tout ce que l’amateur éclairé de lanature peut désirer. J’ai parcouru rapidementcette belle route en voiture et suis venu coucher àAndermatt . Il avait plu les jours précédens; leseaux de la Reuss étaient jaunes mais abondantes ,et la chute du Pont-du-Diable y gagnait ; son fra-cas était assourdissant, et ses gerbes d’écume, en sebrisant contre les culées du nouveau pont, fai-saient un bel effet.
Je quittai Andermatt pour franchir la dernièrecime du Saint-Gothard ; elle n’offre qu’une im-mense et profonde solitude qui ne tarde pas à fa-tiguer par son aride monotonie. Chemin faisant,