Band 
Premier volume.
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451
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Le plus haut point du passage du Saint-Gothard est marqué par une auberge qui a remplacé l’an-cien couvent des capucins où M. de Saussure asouvent reçu l’hospitalité, lorsqu’il explorait cesmontagnes. Les bons pères l’aimaient beaucoup,mais on les entendait dire de lui, avec un air decommisération : « C’est bien dommage que cepauvre monsieur ait cette manie de ramassertoutes sortes de pierres qui ne sont bonnes à rien,d’en remplir ses poches et d’en charger des mulets. »On montre, ici près, l’endroit où cinq ou sixcents Autrichiens et Suisses , combattant dans lesmêmes rangs pour la première fois, soutinrent,en 1799, une es pèce de siège, retranchés derrièredes ballots de soie et de marchandises. Les Fran-çais les débusquèrent bientôt de ce fort d’un nou-veau genre, dont ils confisquèrent, je suppose,les matériaux à leur profit.

Le revers méridional du Saint-Gothard pré-sente un aspect horriblement sauvage, mais quiDe manque point de grandeur; autour de vouss’élèvent, de toutes parts, des squelettes de mon-tagnes escarpées, et des rochers gigantesques quitombent en ruines. De nombreux torrens qu’ali-mente la fonte des neiges, entassées dans les cre-vasses les plus profondes, bondissent en écumant