que ceux des Tessinois qui ont fait fortune au de-hors, ne reviennent pas, comme les autres Suisses ,en jouir dans leur patrie. Une des principalessources de re\enu de cette vallée consiste dans sesforêts mal exploitées comme en Suisse , et dont lesbois s’exportent par le lac Majeur . Ces forêts ren-ferment encore, en assez grand nombre, des oursqui font des ravages dans les vignes et dont, pourcette raison, la tête est mise à prix. Il croit, spon-tanément dans les lieux les mieux exposés, des lau-riers dont les habjtans recueillent les baies, pouren extraire une assez bonne eau-de-vie. Les can-linières de nos années auraient bien dû, jadis, ve-nir s’approvisionner ici, pour verser la goutte ànos braves soldats, et, faire rafraîchir la victoire,selon l’expression heureuse d’un homme que la na-ture a fait poète, et qui s’est fait chansonnier.
Bellinzona est une assez jolie petite ville, situéeau point où se rétrécit subitement le spacieux bas-sin que forme la jonction de trois vallées. Sa posi-tion est riante, ses alentours sont riches et pitto-resques. Le climat est presque celui de l’Italie ; lemûrier s’y cultive déjà avec succès, les figuiersrapportent deux récoltes par an, et les citronniers,les orangers, plantés en espalier, y amènent leursfruits à maturité. De superbes forêts de chàtai-