A propos de l’emprunt de 200 millions, en 1844,dont nous avons parlé plus haut, le National dénon-çait avec énergie une opération financière faite auxdépens du pays dans l’intérêt d’un seul homme, levigoureux article du National fit affluer les souscrip-teurs chez M. James, qui s’écria avec sa grosse gaîtéde traitant : — Je désire que le National ait autant de•patriotisme une autre fois, mes souscriptions serontenlevées en vingt-quatre heures.
Il faudrait des volumes pour raconter tous lesscandales de l’exploitation de la ligne du Nord, la fi-louterie des Anglais qui, après avoir reçu au pair desactions, les vendirent à Paris avec prime, ce dont M.James fut averti par la maison de Londres , et ce quifit qu’au lieu de perdre, comme les autres capitalis-tes, il gagna. Du reste, les Rothschild n’ont jamaisgagné que dans nos désastres ; lorsque la France ga-gnait, la maison Rothschild perdait. Cette maison estnotre mauvais génie. Sa splendeur date de nos pre-miers malheurs : elle porte en elle un signe de ré-pulsion que rien ne saura effacer. Ce signe, disons-le encore, c’est 1815.
Citons, pour terminer avec tant de scandales, cettecurieuse note de Guerre aux fripons, pages 59 et 60.— « Une honnête manoeuvre : Lorsque M. Roths child créa la Compagnie des chemins de fer du Nord ,le nombre des actions à 500 fr. fut fixé à 300,000;mais la prime s’étant montrée sous de belles appa-rences, M. Rothschild eut l’idée de créer 100,000 ac-tions supplémentaires. Elles étaient, disait-il, indis-pensables; il fallait 15 millions pour l’embranche-ment de Fampoux, or, 30,000 actions ; celui de Creil étant évalué à 35 millions, la création de 70,000 ac-tions était des plus nécessaire. Fampoux fut adjugéà la Compagnie O’Neil, et Creil ne fut adjugé que