Band 
Second volume.
Seite
34
JPEG-Download
 

U

- 34 -

J’ai payé mon tribut à la mode, en allant, avantl’heure du spectacle , faire quelques tours auCorJ^jpou cours par excellence. On y voit réunis,chaque soir, les brillans équipages et le beaumonde de Milan ; c’est un Longchamp quotidien.Un grand nombre de voitures découvertes se sui-vent, au petit pas, en formant une double file, lelong de deux allées latérales, sur lesquelles circulentles nombreux promeneurs à pied. C’est là qu’onpasse en revue toute la population fashionable dela ville, car, sitôt après le dîner, pour peu que letemps le permette, chacun se fait comme un devoirde paraître au Corso pour y saluer ses connais-sances, y former ses projets pour la soirée, et sur-tout respirer le frais pendant une heure, ce quiest un besoin impérieux sous un ciel étouffant. Ilest à remarquer que ce climat, assez âpre en hi-ver, est, en été, tout-à-fait méridional. L’usageexige qu’on se promène au Corso et non ailleurs ;aussi les boulevards bien plantés qui font le tourde la ville, les belles avenues ombragées qui abou-tissent aux portes , offrent l’aspect de la solitude laplus profonde.

Le théâtre de la Scala allait s’ouvrir, et, en maqualité de ci-devant habitué de celui des Bouffes,je ne pouvais manquer l’occasion d’entendre un