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sans même recourir , pour la comparaison, à l’ad-mirable orchestre du Conservatoire .
Les ballets ont de la réputation à Milan , et celuique j’ai vu ici m’a dédommagé, quant à la nou-veauté du spectacle du moins, de l’ennui que m’a-vait causé l’opéra. J’ai été frappé surtout de l’artavec lequel les groupes sont dessinés et distribués.Les tableaux (je ne sais si c’est là le terme tech-nique) sont gracieux, variés et naturels. Pris in-dividuellement, les danseurs sont loin de valoirles nôtres; quant à leur pantomime, elle est chargéeà un point ridicule. Les contorsions, les grandsbras n’y sont point épargnés , et de violens coupsde pied font fréquemment sortir des planchesdes nuages de poussière qui voilent les traits gri-maçans de l’odieux tyran ou de l’amant à demi-pâmé. Mais peu importe, on ne se montre pas diffi-cile dans ce pays-ci en fait de naturel. Les specta-teurs offraient pour moi un spectacle non moinsamusant que celui de la scène; ils étaient dansl’enchantement. Leurs physionomies mobiles pei-gnaient naïvement les impressions diverses queproduisait sur eux ce genre de divertissementqu’ils aiment avec passion. L’œil fixe, la bouchebéante, le corps en avant, ils suivaient, avec l’at-tention la plus vive, tous les mouvemens des pér-il. 3