Band 
Second volume.
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60
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forci de mâts dont les pavillons et les flammes sejouent au gré delà brise ; à ma gauche, s’élance lephare, isolé sur un rocher qui avance dans la mer;a sa forme hardie et svelte, on dirait que Vernet ena donné le dessin et choisi l’emplacement. La merest légèrement houleuse, et une multitude innom-brable de petites embarcations sillonnent, entous sens, le port où règne un silence extraordi-naire. Des vaisseaux à trois mâts arrivent, avectoutes leurs voiles dehors , et se balançant majes-tueusement sous la vague qui blanchit devant leurquille rapide. Ceux des États-Unis se font recon-naître entre tous à l’élégance de leur coupe, à lavitesse de leur marche , plus encore qu’à leur pa-villon étoilé. Dès qu’ils ont dépassé le mole, ilscarguent les voiles, leur course se ralentit; ilss’arrêtent, et des canots viennent les remorquerjusqu’à la place qui leur est assignée. Un autre bâ-timent, frété pour les Grandes-Indes, sort traîné àla remorque; il avance avec une pénible lenteur ;on dirait un colosse privé de vie; mais dès qu’ila dépassé la jetée, la brise se fait sentir; alors celtemasse pesante semble s’animer, les voiles se dé-roulent, s’epflent successivement, les banderollesse jouent sur le pur azur du ciel ; le vaisseau abat,prend le vent, il vole, et cette sublime création du