Band 
Second volume.
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81
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s’étonne plus de ce qu’il ait fait passer, dans sestragédies, écrites de verve, une partie de cettechaleur d’une âme impétueuse et profondémentsensible. La nature l’avait en outre doué de tellesorte qu’il pouvait concevoir, de lui-même, toutce qui était élevé et généreux, sans être obligé dele peindre d’imitation; c’était dans son génie libreet fier, c’était dans son enthousiasme qu’il trou-vait la source de ses inspirations poétiques. En unmot, Alfieri me semble être le caractère d’écrivainle plus vraiment antique qui nous ait été révélédepuis le grand Corneille .

J’emprunte à sa Biographie, écrite par lui-même,deux traits originaux qui donneront une idée del’espèce d’emportement avec lequel il composait.Un de ses amis lui mande de Paris qu’il vient d’as-sister à une représentation du Brutus de Voltaire,dont il a été assez content ; Alfieri s’écrie indigné :« Quel Brutus ce doit être que celui d’un Voltaire .'eh bien! je le ferai, moi, le Brutus; je les feraitous les deux, et l’on verra si de pareils sujets neme convenaient pas mieux qu’à un bel-esprit fran-çais qui, né plébéien, a signé, pendant soixanteans, tous ses écrits par cette formule : Voltairegentilhomme ordinaire du roi. »

On voit ailleurs, qu’enchanté des Lettres de