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Pllne-le-Jeune, il entreprit la lecture de son Pa-négyrique de Trajan . Le ton louangeur des pre-mières pages le choque; il jette le livre, s’élancede son lit, à demi-nu, saisit une plume en s’é-criant : « Mon ami Pline! si tu avais été réelle-ment , comme tu t’en vantes, l’émule et l’admira-teur de Tacite , Voici comment il t’aurait falluparler à Trajan ! » Et lui aussitôt d’écrire, commeun forcené, quatre grandes pages de ce Panégy-rique à sa manière, s’y remettant d’une ardeurnouvelle jusqu’à ce qu’il l’eût achevé. Si nous encroyons Horace, c’est la bonne manière d’écrire.« Pour émouvôir, soyez ému. » Alfieri affirme,quelque part, qu’il n’a jamais rien écrit de sang-froid. Ses accès de génie le prenaient comme unefièvre, et il avait souvent des intermittences, pen-dant lesquelles il se livrait à une vie fort dissipée,ou restait plongé dans une noire mélancolie.
Ce qu’il y a de curieux, c’est que cet écrivaincélèbre, après avoir fait de très médiocres études,et passé, dans l’oisiveté, une jeunesse orageuse,était encore, peu de temps avant l’époque où il luiprit fantaisie d’écrire, d’une ignorance telle, qu’enlisant Montaigne , le seul livre qu’il avoue avoirouvert de dix-huit à vingt-quatre ans, il se trou-vait hors d’état de comprendre, non-seulement