Band 
Second volume.
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voile, et l’on a vu , en effet, que les masses ne sesont nullement associées aux tentatives de révolu-tion militaire qui ont eu lieu dans le pays. Unexemple récent a prouvé, en outre, que les effetsde la propagande française ne trouveraient pasplus d’appui de leur part. Presque tous les habi-tans du Piémont sont propriétaires et par consé-quent attachés à l’ordre matériel. Ils n’ont pointoublié l’invasion ; ils savent apprécier, à sa valeur,la liberté apportée au bout des baïonnettes étran-gères, et n’ignorent pas que les constitutions trans-plantées prennent rarement racine. Je me suisentretenu ici avec plusieurs libéraux éclairés et enposition de pouvoir me fournir des données exactessur l’opinion de la généralité de leurs compa-triotes; tous m’ont assuré qu’ils n’attendaient riende bon d’une intervention française ou d’un bou-leversement , mais qu’ils espéraient beaucoup dutemps et de la force des choses. Ces libéraux , quej’appelle progressifs pour les distinguer de ceuxqui ne sont que révolutionnaires, sont nombreuxen Piémont et comptent même des partisans dansles rangs de la noblesse. La seule chose qu’ils re-grettent du système français est l’égalité devant laloi; j’ajouterai pourtant encore le Code Napoléon ,immense bienfait qui a été partout apprécié.