Il faut convenir, pour être impartial, que lesabus ne sont pas, dans ce pays, aussi nombreuxet aussi crians qu’on pourrait se le figurer, d’aprèsla latitude illimitée d’arbitraire laissée au gouver-nement. Soit modération naturelle de la part desprinces, soit qu’ils aient craint de déchaîner l’opi-nion en faisant tout ce qu’ils pouvaient , toujoursest-il vrai que leur domination a été loin d’êtreaussi oppressive, aussi tracassière qu’elle aurait pul’être, et que l’est, par exemple, la domination au-trichienne en Italie. On jouit, à Turin , d’une li-berté de fait dont la Lombardie et Milan n’offrentpas même l’ombre. Beaucoup de prérogativesmonstrueuses , dont le roi est investi, restent sansemploi, comme une arme que l’on craint de tirerhors du fourreau. S’il a le droit exorbitant de cas-ser un arrêt en matière civile, de mettre un débi-teur noble à l’abri des poursuites de ses créanciers,il n’en use presque jamais. La législation absurdeet inique, concernant les Juifs reste sans applica-tion, la loi qui dépouille les fils cadets au profitde leur ainé n’a d’effet qu’autant que le père estmort sans avoir testé; je me conterfte ici d’indiquerles cas les plus marquans.
Un des principaux griefs de nos libéraux contrele roi de Sardaigne est son éloignement pour la