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de l’homme le plus vraiment libéral qui ait jamaistravaillé au bonheur de l’humanité, est bienpropre à faire réfléchir les rois.
L’aigreur avec laquelle on invective quotidien-nement ces pauvres despotes, dont quelques-unssont les meilleures gens du monde, me fait souventrevenir à la mémoire ce que dit certain voyageurde je ne sais quel animal d’Afrique : « Il est trèsféroce , et se défend quand on veut le tuer. »
Le dernier roi n’aimait point l’armée, et il avaitde bonnes raisons pour cela. Charles-Albert s’enoccupe, au contraire, beaucoup, et passe fré-quemment des revues. J’ai assisté à l’une d’ellesqui m’a paru remarquable par l’ensemble et laprécision des manœuvres. Les soldats sont parfai-tement tenus, et ont bien l’air et la tournure mili-taires; on peut en dire autant des officiers. D’a-près ce qu’on a vu plus haut, on conçoit que l’es-prit de ceux-ci est tout en faveur du gouverne-ment. Les simples soldats, tirés presque tous dela classe des paysans, n’ont pas d’opinions bienarrêtées, et, dans tous les cas, ne sont point hos-tiles au pouvoir; mais c’est dans le corps des sous-officiers qu’existent en permanence et que se dé-veloppent des inécontentemens qui ont fait explo-sion plus d’une fois. Ces hommes appartiennent,