liens qui n’apportèrent que leurs ciseaux et quel-ques quintaux tle poudre , ce qui ne les aurait pasmenés loin sans ce génie entreprenant et patientde l’homme , dont les obstacles ne font que déve-lopper davantage l’irrésistible puissance.
Le lendemain de mon arrivée, je pris un guideafin d’aller voir, de plus près, cet étonnant che-min , effrayant seulement pour les' personnes qui,ayant le pied peu sûr, seraient, en outre, sujettesaux vertiges. On côtoie toujours le précipice, maisil est impossible d’y rouler, à moins qu’on ne s’a-venture étourdiment sur le bord , où l’on pourraitfaire un faux pas ou bien être saisi par un étour-dissement qui vous coûterait la vie. Je ne pouvaisassez admirer l’art ingénieux avec lequel les Tyro-liens ont su tirer parti de la moindre saillie durocher, pour y asseoir leurs rampes, dont lesnombreuses sinuosités sont tracées avec une saga-cité qui n’est égalée que par la persévérance qu’aexigée l’exécution de ce long et pénible travail.Dans quelques parties le chemin a été taillé encorniche dans le roc qui, formant un demi-arceaude voûte au-dessus de la tête du voyageur, sur-plombe de beaucoup sur l’abîme ouvert sous sespieds. La largeur de la voie est presque toujourssuffisante pour que deux chevaux chargés, venant