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le pire des maux qu’elle put leur faire ne serait pasde les détruire !
M. de Saussure rapporte que se trouvant dansune auberge du Bas-Valais , et demandant à lafille de la maison, jeune et assez jolie personne ,s’il n’y avait pas de crétins dans sa famille, elle luirépondit naïvement: «Eh. 1 mon Dieu , monsieur,je ne suis pas trop éveillée ! » Il me semble qu’onpourrait en dire autant de beaucoup de ses com-patriotes. Le même voyageur rencontra ailleursune jeune femme dont le goitre, bien plissé et bienétalé sur sa poitrine et autour de son cou, ainsiqu’une fraise, ne faisait pas, dit-il, mauvais effet ;je n’ai pas eu le bonheur de rencontrer d’excep-tions de ce genre-là, mais j’ai observé que tousceux des habitans qui étaient goitreux à l’excès por-taient, sur leur figure, cette physionomie hébétéequi accompagne le crétinisme.
Au reste, ce canton renferme deux populationsbien distinctes : celle du ïlaut-Valais, qui finit àpeu près à la hauteur de Sierre , est d’origine tu-desque et bien plus homogène que l’autre; elle endiffère essentiellement aussi par ses mœurs et seshabitudes. Ayant moins de contact avec les étran-gers, étant moins accessible à cette demi-civilisa-tion de grandes routes, elle a conservé son carac-