mise; on leur donna sans doute, pour le reste,un bon à valoir sur les lauriers de Marengo. Il n’ya pas long-temps qu’on voyait encore entassés,sur la place de Martigny , ces troncs devenus his-toriques.
A une demi-lieue d’ici, et à vingt pas de laroute, tombe la fameuse cascade de Pisse-Vachequi n’est pas au-dessous de sa réputation. On l’a-perçoit assez long-temps avant que d’y arriver;craignant, en conséquence, que mou œil ne s’yaccoutumât, et qu’une fois devant elle, je ne per-disse le charme puissant de la première impres-sion, j’enfonçai bien mon chapeau , et fichant mesregards en terre, je marchai à grands pas, agitéd’une impatiente curiosité que j’eus le bon espritde contenir. Cette cascade est vraiment admirablede grandeur et d’élégance. Vue du pied du rocherdu haut duquel elle se précipite , la colonne d’eauqui se courbe gracieusement en arc, a l’air detomber du sein des nuages. Ces eaux écumeuses,déjcà battues par un premier saut, se subdivisent,à leur point de départ, en ui^ multitude de fu-sées , (rien n’en saurait donner une idée plusexacte) que l’œil suit dans leur chute et dans leurdéveloppement, au travers d’une gaze de vapeurstourbillonnantes qui en rendent l’aspect lout-à-