prit systématique. Il ne s’échauffait point, n’étaitjamais ému et conservait, par là , un grand avan-tage sur son bouillant antagoniste, dans les fré-quentes discussions auxquelles donnait lieu iadivergence de leurs opinions politiques et reli-gieuses; il le déconcertait par son flegme, ou lemettait hors de lui par ses sarcasmes : un soir,la conversation s’engagea entre eux sur lesmesures coercitives que l'empereur d’Autriche ,Joseph II , venait de prendre pour opérer la sécu-larisation des couvens de ses états ; il les avaitfait fermer, sans plus de façons. La va ter, quoi-que protestant, blâmait hautement ces actes, et,se laissant aller, par degrés, à toute la chaleur deson indignation généreuse, « Oui ! s’écria-t-il, ces<f injustes mesures, cette violation delà propriété,« ces atteintes portées brutalement à la liberté de« conscience sont faites pour révolter toute âme« honnête et indépendante. Et il s’élèvera, n’ena doutez pas, il s’élèvera, contre elles, des voix<i courageuses. Un homme se présentera quelque« jour qui osera dire à l’empereur : Sire, vous de-« pouillez vos sujets dont vous avez juré d’être le« père et le protecteur ; vous portez le troubleh dans leurs consciences alarmées, vous régnez« en tyran! et l’empereur courroucé le fera mettre
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