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leurs affaires, et la sangsue , une fois rassasiée,cédait la place à une autre. Cependant, pour êtreimpartial, il faut reconnaître que l’autorité était,en général, exercée d’une manière assez paternelleet assez équitable; mais le bourgeois-souverain nepouvait jamais se défaire entièrement de ses airsde hauteur , ni du sentiment de sa supériorité surle sujet vaudois, et l’on rapporte qu’un habitantnotable de ce pays-ci, faisant ferrer à Berne soncheval que le maréchal encloua, en adressa de vifsreproches à l’artisan maladroit, et le menaça mêmede le poursuivre en dommages-intérêts, sur quoicelui-ci dit, sans s’émouvoir, à ceux qui l’entou-raient : « ah bah ! qu’est-ce que ça me fait ? ce n’estqu’un sujet. »
On ne doit pas s’étonner si les Vaudois saisirentavidement l’occasion de se soustraire à un pareilordre de choses, et de reconquérir leur indépen-dance. Notre première révolution leur en facilitales moyens$ ils se soulevèrent à la voix d’un deleurs concitoyens, homme ardent, qui possédaitl’art d’émouvoir les masses, et était doué surtoutd’une volonté énergique et d’une infatigable per-sévérance 1 . Le général Ménard reçut, du direc-
i. M. de la Harpe , général au service de Russie et anciengouverneur de l'empereur Alexandre. C’est à lui que le can-