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reprocher quelques défauts de composition, pré-sente, pour les Genevois , un intérêt d’actualitéque l’on comprendra, quand on saura que lepeintre a fait poser, pour ses figures, les person-nages les plus marquans parmi ses contemporains;toutes les têtes sont autant de portraits; parexemple, ce syndic «à la barbe majestueuse, estM. Dumont, l’ami et l’interprète du célèbre Ben-tham .
J’ai vu, dans l’atelier de M.Hornung, un petittableau de chevalet, de devant lequel je ne pou-vais m’arracher. Il représente une femme âgée,une paysanne, assise sur le mur d’un cimetière etle regard attaché sur une fosse nouvellement faite.A ses côtés est une petite fille de cinq ou six ans,qui n’a pas l’air de se douter pourquoi son aïeulel’a amenée là. Il règne, sur les traits de cette femme,un calme qui fait frémir; ses yeux sont fixes, arideset comme brûlés par les larmes qu’elle a versées,et dont la source parait tarie; on ne saurait seméprendre au caractère de cette impassibilitétoute extérieure; la résignation n’y est pour rien ;c’est cet abattement qui succède aux premiers pa-roxismes du désespoir ; c’est la morne stupeur oùvous jette une douleur poignante, sans mesure, àlaquelle tout soulagement est refusé, jusqu’à celui