Band 
Second volume.
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279
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rorem. Le gouvernement accrédite, en s’v asso-ciant, les plus grossières superstitions, et exerce,d’office, à la sollicitation des speclables ministres,des poursuites rigoureuses contre les sorciers etceux qui vendent ou achètent des esprits familiers;on voit le conseil donner ordre de fondre un mil-lier de balles de plomb « vu que celles de fonte« sont sans effet sur le corps de ceux qui sont« charmés , dont il y a bon nombre dans les« troupes de Savoie . 1 » Ce qui, à celte époque,parait non moins digne d’attention, c’est l’insis-tance que met l’aristocratie, déjà puissante, àmaintenir la distinction des rangs. Les ordon-nances somptuaires se multiplient à cet effet, et,malgré les exhortations des ministres, restent leplus souvent sans résultat. Défense aux femmes dese faire appeller madame, quaftd elles n’v ont pasdroit; défense de porter le pomctal, coiffure dou-blée de velours qui était réservée aux dames nc-bles; d’avoir, aux festins de noce, au-delà d’uncertain nombre de tables, proportionné à la qua-

i. Le lecteur ne s’attend pas, j’espère, à ce que je repro-duise ici la description de l’ escalade , entreprise honteuse,tentée en pleine paix, et qui eut l’issue qu’elle méritait. Leduc de Savoie la caractérisa en disant à d’Albigny : « Vous« avez fait là une belle caeade ! »