Band 
Second volume.
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294
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J’en suis fâché pour les causes jinale S , que je nepuis m’empêcher d’aimer, parce que nous leurdevons les pages consolantes d’un séduisant, etquelquefois sublime rêveur, de Bernardin deSaint-Pierre ; mais je ne saurais croire, en con-science, que la chaîne des Alpes , avec ses glacierset ses neiges éternelles, ait été placée là, tout ex-près, pour servir de réservoir au Rhin et au Rhône .La nature, ou la Providence, si l’on admettait unesemblable hypothèse, eût traité en marâtre lescontrées où elle n’a pas placé de pareils réservoirs,dont, après tout, les fleuves peuvent se passer,puisqu’il en existe, en Europe et ailleurs, de con-sidérables, dont l’existence est indépendante deces causes. En rapportant ainsi tout à lui, l’hommes’imagine rehausser son importance, tandis qu’ilne fait, le plus souvent, que ravaler la dignité duCréateur à des détails mesquins, par trop au-dessous d’elle.

Je suis revenu dîner à l’excellent hôtel de l’li-mon où j’ai eu, pour commensaux, des élégansdes deux sexes, qui s’étaient arrachés aux délicesdu boulevard de Gand , et aux sorbets de Tortoni,pour venir errer au milieu des cathédrales de lanature, et se désaltérer aux canaux calcaires denouvelle invention. J’avais, à mes côtés, un jeune