Band 
Second volume.
Seite
305
JPEG-Download
 

grette sur la tète chenue «lu monarque des Alpes ,tantôt la coiffant ainsi qu’une calotte, ou la barrantd’une bande diaphane; mais il ne bougeait pasde là , et l’on eût dit qu’une attraction puissantel’y fixait, en dépit du vent qui en altérait les for-mes. Mon guide en était fort impatienté, et auraitvoulu que, pour l’honneur de son Mont-Blanc ,ce nuage importun fût balayé dans l’espace. Quantà moi, j’y tenais peu; il faisait si bon là haut ! lesoleil me pénétrait d’une douce chaleur, il n’yavait point de vent; l’air était léger et pur; monregard plongeait dans la vallée, 'depuis le col deBalme jusqu’au Prarion; il planait sur toutes lessommités d’alentour et sur le Mont-Blanc qui, vud’ici, reprenait sur elles la supériorité qu’ellessemblent lui contester, lorsqu’on les compare aveclui depuis le village. De ses flancs descendaient, enflots immobiles, les glaciers des Bossons, des bois,d’Argentière, se prolongeant entre des arêtes gra-nitiques, pittoresquement dentelées, qui semblentcomme les arcs-boutans de cette montagne colos-sale. Un ciel pur et lumineux ajoutait à l’effet decette scène sublime; l’œil était ébloui de l’éclat desneiges, etl’àme, profopdément émue d’un spec-tacle si nouveau, contemplé d’une telle hauteur,