tendais aussitôt sur le dos, tout de mon long, et,multipliant ainsi la résistance, je ralentissais l'im-pulsion. Il me suffisait de me remettre sur monséant, pour l’accélérer de nouveau. Voici à cjuoi
se sont bornées mes aventures. mais je me
trompe; il en est une qui glacera d’effroi les âmessensibles, et fera palpiter les amateurs d’émotions.Arrivés au couloir d’avalanches dans lequel ser-pente le sentier, mon guide, qui marchait à quel-ques pas en avant, se jeta brusquement de côtéen levant les bras au ciel, et en s’écriant, d’unevoix altérée : « Ah ! mon Dieu ! » ses traits de vieuxsoldat portaient tous les signes de la plus viveterreur. «Rangez-vous, cria-t-il de nouveau, ran-gez-vous ! c’est un rocher. » Je levai les yeuxdans la direction des siens, et vis, en effet, unegrosse masse qui arrivait sur nous en bondissant.Incertain sur ce que j’avais à faire, je regardaimon homme, dont les muscles faciaux, contractespar l’effroi, se relâchèrent soudain , quand il re-connut sa méprise. « C’est un sac de fourrage ! »me dit-il, et nous éclatâmes de rire l’un et l’autre.J’y eus moins de mérite que le guide, car, nepouvant mesurer toute l’étendue d’un dangernouveau pour moi, et dont lui avait sur-le-champcompris la gravité, je n’avais eu ni le temps ni