silence à la bande qu’il guidait, de peur que leretentissement des voix ne fit rouler des pierres,du haut de certaine pente excessivement rapide.Sur le point d’arriver en vue de la mer de glace,il vous prescrivait de marcher à reculons, pourvous réserver tout l’effet du premier coup d’œil.Après vous avoir fait admirer un point de vuesous ses diffèrens aspects , « imitex-moi! » s’écriait-il : et aussitôt le bonhomme faisait volte-face,puis, baissant la tête, il contemplait la natureentre ses deux jambes écartées qui servaient decadre au paysage. A tout cela , il mettait une gra-vité extrême , et eût trouvé fort mauvais qu’on scfût permis d’en rire.
Le glacier des llossons mérite qu’on lui consacreune course à part. Il faut le traverser, ce qui estfacile, et examiner de près ses prismes de glace, lesplus beaux et les plus purs que je connaisse enSuisse ; l’extrémité inférieure du glacier en est héris-sée. On ne pourrait, sans danger, y pénétrer, cespyramides s’écroulant d’un instant à l’autre, soit enentier, soit en partie; mais du haut de la morainela plus récente, on jouit parfaitement du coupd’œil, et l’on se fait une juste idée de l’élévation deces cônes de glace, que j’estime avoir quarante oucinquante pieds , de leur base à leur pointe