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dans la région des nuages, tandis que la ver-doyante pyramide du Niesen et la cime bizarre-ment dentelée du Stockhorn se réfléchissent dansles eaux transparentes du lac, dont les rives sontombragées des plus beaux arbres et parsemées devillages et d’habitations isolées. Si vous vous re-tournez, c’est un autre aspect; la contrée changede caractère, tout y est gracieux et reposé.Thoune vous apparaît sortant du sein des eaux et de laverdure, et formant le centre d’un paysage aussiriant que varié, sur lequel la vue erre avec délices.A droite, s’élève le château, dont les tourelles lé-gères se dessinent sur le ciel, et, par delà, plu-sieurs plans de collines, pittoresques à la manièrede celles de Claude-Lorrain , vont, en s’abaissantpar degrés, se confondre dans un lointain vapo-reux.
Le château, qui fait le plus bel ornement de ceravissant paysage, fut, au i4° siècle, le théâtred’un 1 fratricide. Hartmann, comte de Kybourg,qui y faisait sa résidence, y périt de la main deson frère Eberard, et son corps, tout sanglant, futprécipité du haut des tours. A cette vue, le peuples’ameuta exaspéré, et cerna le château, qu’il me-naça de réduire en cendres. Les parens et les amisdu comte se réunirent pour tirer vengeance de sa