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« marché, vexé, maltraité , ruiné. Voilà des éco-« nomies qui nous ont fait là un beau profit! »Ce qu’il y a de remarquable, c’est qu’en parlantde la sorte cet homme faisait de l’iiistoire. Il estbien avéré aujourd’hui que la connaissance qu’a-vait le directoire de l’existence des trente millionsenfouis dans les caves de l’hôtel-de-ville, à Berne ,a été un des principaux motifs de l’envahissementde la Suisse. On savait, en outre, à Paris , quel’arsenal renfermait un matériel immense, donton avait également besoin. Les millions et les fusils,transportés sur-le-champ à Paris , furent employés,à ce qu’aflirment plusieurs écrivains dignes de foi,à l’expédition d’Egypte , et l’on voit encore au-jourd’hui, sur les bords du Nil , des pièces demonnaie frappées à l’effigie de l’ours de Berne .
En prenant terre à Neuhaus, on s’aperçoit qu’onentre dans la Suisse à la mode , dans la belle na-ture du beau monde. Des chars nombreux sont làqui attendent les nouveaux débarqués; une foulede gens s’empressent autour d’eux : désirez-vousun guide? vous faut-il des chevaux pour faire latournée de l’Oberland par les montagnes , ou bienun char pour pénétrer dans ses vallées? Mais vousvoulez vous donner le temps de la réflexion, et,si vous êtes seul, vous montez dans Y omnibus qui