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lue partout d’un luxe de végétation tel qu’on nele voit nulle part, qu’elle peut à peine fourniraux besoins de la population toujours croissantequi l’habite. Ce n'est pourtant que la vérité, et l’onpeut ajouter que si la misère augmente à l’ave-nir, dans les mêmes proportions, il est probableque ce paradis terrestre finira, avant peu , par neplus avoir que des mendians pour habitans. Lacommune d’Aarinuhle, l’une des plus aisées de cebailliage, comptait, il y a dix ans, cent vingtménages, dont trente-un ne possédaient pas unseul pouce du sol, et cultivaient, pour vivre depommes de terre, de petites portions des terrainscommunaux qui leur étaient allouées pour untemps 1 ; sur les autres ménages, dix-sept n’en-tretenaient qu’une chèvre ou deux , et n’avaientqu’un juchart en terre arable ou en pré Vingt-huit ne pouvaient nourrir qu’une vache ; seize enavaient deux, et un seul propriétaire, le plusriche de tous, en tenait neuf. Le dernieF gouver-nement a tenté en vain d’introduire, dans ces val-lées , diverses branches d industrie, afin d’y créer
i. Ce fait., qui m’a été attesté alors par un des hommesles mieux informés du pays, ne peut qu’avoir empiré dppuis.a. Le juchai t a 4° mille piedî carrés.