quelques ressources pour les habitans pauvres ;mais il n’a pu y réussir , et ses efforts ont échouécontre l'indolence et les habitudes routinières deces montagnards. M. de Steiger était pourtantparvenu à mettre un peu en faveur, dans son bail-liage, la fabrication des blondes; grâce à ses soinspersévérans et à l’habileté de quelques bonnes ou-vrières qu’il avait fait venir, il comptait cinquanteou soixante femmes en état de gagner leur vie parce genre de travail. Au reste, le goût de l’émigra-tion , que l’exemple de quelques colons heureuxa propagé dans la classe indigente, contribuerapeut-être à retarder l’accroissement du mal. II està remarquer que tous ceux des habitans qui sontpassés en Amérique , ayant une famille de plu-sieurs enfans et exerçant un métier quelconque ,ont fait fortune, c’est-à-dire se sont trouvés, aubout de peu d’années, au-dessus du besoin et pos-sédant quelque chose, tandis que ceux au con-traire qui n’étaient que cultivateurs, ont menéune vie misérable, trouvant à peine le moyen degagner , par leur travail, le pain de la journée.
En quittant Interlaken pour me rendre à Lauter-brounne, je remarquai, sur un rocher, une ins-cription portant que ce lieu a été, au moy en-âge,ensanglanté par un fratricide. L’intérêt arma