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produits aient bien peu de valeur, ou que la pro-priété soit prodigieusement divisée , car les habi-tans ont l’air misérable, et le sont en effet. Leursmaisons ne présentent point cet aspect d’aisance etde bien-être qui ailleurs m’a frappé, et les enfans,qui y fourmillent, ont le teint hâve et maladif,indice trop sûr de la pauvreté de leurs parens. Cespectacle attriste au milieu de toute cette abon-dance apparente.
Il y a ici quelques chasseurs de chamois, aveclesquels j’ai pris plaisir à causer. Cette vie errante,aventureuse, paraît avoir un grand charme poureux; peut-être est-ce en raison, comme je l’ai ditplus haut, des dangers qu’ils y courent, et desémotions continuelles et variées dont cette chasseest pour eux la source. Ils m’ont fait connaître plu-sieurs des ruses qu’ils emploient pour mettre en.défaut la vigilance et la finesse des sens de ces ani-maux. Quelquefois le chasseur fiche, dans là glace,son bâton surmonté de son bonnet, afin de dis-traire l’attention des chamois, dont il cherche àtourner la position, en faisant de longs circuits,où chaque pas exposerait la vie de tout hommequi ne serait pas habitué à ces courses périlleuses.D’autres fois il se place, à quatre pattes, au milieud’un troupeau de chèvres, après s’être attaché sur