Band 
Second volume.
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379
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le dos un petit sac rempli de sel. Il avance de lasorte inaperçu, et entouré des chèvres qui lèchentce sel dont elles sont très friandes; lorsqu’il se croità portée, c’est-à-dire lorsqu’il peut distinguer lacambrure des cornes de sa victime , il s’accroupit,saisit sa carabine qu’il traînait derrière lui, tire etmanque rarement son coup. S’il n’a fait que blesserl’animal, il lui faut lutter corps à corps avec lui,pour s’en rendre maître, et, sur ces pentes rapides,sur ces glaciers crevassés, la prodigieuse forcemusculaire du chamois lui fait souvent courir degrands dangers. Souvent il arrive que le chasseuret sa proie roulent ensemble au fond d’un préci-pice, où l’un et l’autre servent de pâture au redou-table lœmmergeyer. Il y a plusieurs années ,qu’un de ces chasseurs tomba dans une profondecrevasse, avec le quartier.de rocher sur lequel ilétait, et qui, ébranlé par l’explosion de la cara-bine, se détacha tout à coup. Le malheureux secassa un bras dans sa cbute; mais son sang-froidne l’abandonna pas ; ayant rencontré, par un ha-sard heureux, un de ces ruisseaux qui forment l’é-coulement des glaciers, il en suivit le cours, ense traînant péniblement sur le ventre, et, aprèsdeux heures d’efforts, il réussit, nouvel Aristo-dème’, à sortir de ce gouffre ténébreux qui devait