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Les llautes-Alpes, revêtues de leurs éternels fri-mas, semblent élever, entre vous et le mondeanimé, une infranchissable barrière. De tous côtésvous voyez se découper, sur le bleu foncé du ciel,une multitude de pics menaçans, et, bien au-dessus de cet horizon bizarrement dentelé et ta-cheté de plaques de neiges, le trône de l'hiver, lecolossal Finsleraarhorn, élance encore sa cimeaudacieuse
Je poursuivis ma route vers le glacier du Rhône .La vallée , dans laquelle il se prolonge , et que do-mine la cime échancrée de la Furca , est d’un as-pect âpre et désert, mais du moins la vue peut s’yétendre, et l’on s’imagine y respirer plus à l’aise.Elle n’est pas, non plus, complètement dépouilléede végétation ; quelques sapins isolés y élèventleurs tiges pyramidales, dont la sombre verdurerécrée l’œil, faute de mieux, et de nombreusestouffes de rhododendron, ou rose des Alpes , ta-pissent les bords du sentier. Je cheminais, précédédu guide, cherchant des yeux ce fameux passagede la Mayenwand, dont ou m’avait, plus d’unefois, dépeint le danger, et je n’apercevais rien qui
i. C’est la plus élevée des Alpes , après celle du Mont-blanc; elle a i3,45opieds de liant.