de celle dégringolade. Un voyageur digne de foim’a dit avoir rencontré une chèvre sur cet étroitsentier de la Mavenwand. Aussi altière et nonmoins entêtée que celles de la fable, elle s’obstinaà ne pas rebrousser ohemin, et, comme un enga-gement corps à corps eût été fort dangereux enpareille circonstance, le bipède , doué de raison ,jugea à propos de filer doux devant le récalcitrantquadrupède. S’accrochant donc au gazon de sonmieux, il céda à la chèv re les honneurs du pas.
Le glacier du Rhône ne gagne point à être vude près; formé d’une glace plus compacte, plushomogène que ceux du Grindelvvald et de Cha-mouny, descendant en outre sur une pente moinsescarpée et moins inégale, il n’offre pas les inou-vemens ondulés , les magnifiques pyramides et lescrevasses profondes de ceux-ci , mais il l’emportesur eux, tant par son éclatante blancheur, quepar son étendue, il se déroule des flancs du Ga-lenstok jusque dans la vallée de Gherenthal, etn’est que le prolongement d’une mer de glace quirègne, depuis le Sustenhorn jusqu’ici, et dontles bras, s’étendant sur les hautes vallées de Gad-men et de Triften, couvrent un espace d’au-moins vingt-cinq lieues de tour. Le Rhône ,nommé par les Valaisans , Rotten (du latin liho-