danus) ressemble, au sortir de son berceau, à tousces torrens obscurs que j’ai vus ailleurs, et n’a pasmême les honneurs d’une voûte de glace. Je n’aiété aucunement tenté de boire de ses eaux limo-neuses, mais je me suis désaltéré à deux petites fon-taines limpides que les habitans du pays regar-dent comme les véritables sources du fleuve, cequi sort du glacier n’étant, disent-ils, qu’un ruis-seau de circonstance qui tarit en hiver, tandisque ces deux sources sont, en tout temps, égale-ment abondantes. Les anciens, peu forts en géo-graphie, croyaient, avec leurs poètes, que leRhône sortait « des portes de la nuit éternelle. »J’ai remarqué encore ici une fort ancienne mo-raine, couverte d’herbe et distante de huit centspas du glacier; fait qui vient à l’appui de ce quej’ai dit plus haut au sujet du mouvement ré-trograde de ces amas de glaces.
Le guide me proposa de pousser mon excursionjusqu’à Obergesteln , qui, d’après lui, doit être lepremier endroit du monde pour les pieds d’ours àla Sainte-Menehould , et les potages à la marmotte.Un homme de bouche n’eût pas négligé une pa-reille occasion d’étendre le cercle de ses connais-sances; quant à moi, il ne me vint pas à l’idéed’en profiter; si j’avais eu du temps de reste, j au-II. 26