Band 
Second volume.
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412
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pendant plus d’une heure, elles m’ont chanté, enparties , leurs charmans airs populaires, que nousconfondons tous, mal à propos, sous le nom deranz-des-vaches. Les voix de ces jeunes filles, en-tendues séparément, eussent été criardes, surtoutdans une chambre , mais elles chantaient avec untel ensemble , une si parfaite justesse, leurs airsavaient tant de caractère, ils étaient si bien appro-priés au local du concert, et empruntaient tant decharme de ces eaux limpides , de ce ravissant pay-sage et du bruit cadencé des rames, que j’en étaisému jusqu’aux larmes. Une des chanteuses avaitune voix claire, argentine et tellement élevée,qu’au lieu d’accompagner le chant à la tierce au-dessous, elle prenait la sixte supérieure avec uneétonnante sûreté d’intonation. Cessons d’harmo-nica , planant ou voltigeant ainsi au-dessus de lamélodie, produisaient l’effet le plus piquant elleplus agréable.

Il existe deux sortes de musique bien différentes,l’une simple etsans art, telle que lanature l’enseigneà tout être complètement organisé ; l’autre artifi-cielle, pour ainsi dire , dont le but est de peindreavec des sons, et de remuer profondément toute âmesusceptible d’émotions, en renforçant le langagede la passion de son accent pénétrant et énergique.