Band 
Second volume.
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tantôt jouent de mauvais tours aux montagnards,tantôt les aident obligeamment dans leurs travaux.Pour se les rendre favorables, il suffit de leur je-ter , de la main gauche, la première cuillerée delait sous la table, quand la famille prend son re-pas; c’est l’antique usage des libations. M. Wyssobserve que les pâtres de ces montagnes ont faitpreuve d’une imagination peu inventive dansleurs traditions et leurs légendes superstitieuses;le diable , qui y figure souvent, y joue toujours lerôle d’un sot. On retrouve ici, comme dans lescantons d’Unterwald, de Vaud et de Fribourg,cette tradition primitive d’un âge d’or, auquel ontmis fin la perversité et l’impiété des hommes.Alors, disent les paysans, les vaches étaientsi monstrueuses qu'il fallait les traire dans devastes étangs, sur lesquels on recueillait la crèmeau moyen de bateaux. Un jeune pâtre se noya, enfaisant celte opération, et son corps fut retrouvéplusieurs jours après au fond d’une baratte. LaBlumlis-alp, aujourd’hui encombrée de glaciers,était couverte, à cette époque heureuse, des plusriches pâturages; les crimes d’un berger qui enétait propriétaire en amenèrent la dévastation.Prodigue et dissolu, il fit un escalier de fromagespour sa concubine et sa vache favorite; fils déna-