dérée , et se mit à la tète du mouvement, pours'efforcer de le diriger, ou, tout au moins, de leralentir. L’abdication une fois consommée, ceparti insista fortement, mais en vain, pour quel’aristocratie employât le crédit qui lui restait àfaire arriver, au grand-conseil, ses membres lesplusinfluens qui auraient pu y rallier une mino-rité assez imposante pour exercer un salutaire con-trôle sur la marche du nouveau gouvernement, etarracher le pays aux essais désastreux des radicauxdu Porentrui, ou l’éclairer au moins sur leurs ré-sultats.
M. Simond m’a conté, dans le temps, quele sa-vant professeur S”* qui, d’après son expression,pittoresquement exacte : « a tant d’esprit qu’il en« crève , » lui montrant, du haut de la terrasse,un troupeau de bœufs beaux, gras, au poil lui-sant, qui paissaient, en paix, l’herbe d’un richepâturage , ou ruminaient, plongés dans un demi-sommeil, lui dit : « Voici l’image du peuple ber-nois! » Peut-être aujourd’hui, si on lui rappelaitcette comparaison, dirait-il que le troupeau,après avoir renversé toutes les barrières, s’est em-porté et dispersé sans guide dans la campagne,répandant l’efiroi parmi les populations paisibles,loulant et détruisant l’espoir des moissons, et, en