— 4^(J —
victoire, qui fui le prix de la concorde de leurspères. Je doute qu’aujourd’hui ils fussent en me-sure d’en remporter une pareille.
Voici le récit d’un second combat de Morat , quise livra au 17' siècle, et qui aura, j’espère, le mé-rite de la nouveauté. Une demoiselle Catherinede Watteville , personne d’une humeur peu endu-rante, se trouvait chez son cousin de Diesbach , aumoment où celui-ci recevait la duchesse de Créqui,revenant de son ambassade de Rome , après l’af-front public fait à son mari. Elle avait, dans sasuite , une dame de Sappale, qui s’avisa de plai-santer maladroitement Catherine de Watteville ,laquelle lui jeta, pour réponse, un jeu de cariesau nez. Furieuse d’une telle insulte, la pétulanteFrançaise appella en duel la Bernoise, qui ne re-cula pas. Il fut impossible de leur faire abandonnerleurs projets de vengeance, mais un témoin offi-cieux trouva moyen d’extraire les balles des pisto-lets. Les deux amazones courent à cheval, l’unesur l’autre, et font feu en même temps, à brûle-pourpoint; aussitôt, boucles de cheveux et boutsde rubans volent en l’air, mais ce fut tout. Lescombattantes acharnées sautent à terre, mettentl’épée à la main, et l’affaire eut eu des suites tra-giques si les assistans ne les eussent séparées à