— 4^7 —
temps L’histoire de mademoiselle de Watteviilene finit pas ici; elle eut encore d'autres aventures.Par exemple, elle tua, de sa main un amant témé-raire qui voulait attenter à sa vertu. Mariée à unPerregaux de Neuchâtel , elle fit preuve, plustard, d’une héroïque fermeté de caractère. Elleappartenait au parti français , et se trouva com-promise gravement dans certaines intrigues que lafaction d’Autriche , en ce moment au pouvoir,tenait à pénétrer. La malheureuse se vit traînée enprison, mise à la question, et enfin condamnée àmort par le grand-conseil de Berne . Ses parens etses amis, qui étaient nombreux, vinrent proces-sionnellement, et tous vêtus de noir, à l’Hôtel-de-Ville, pour solliciter sa grâce, et, après deux com-mutations de peine, obtenues successivement,Catherine, bannie à perpétuité, partit le soirmême, à cheval, pour Besançon , quoiqu’elle eutsubi, le matin, la question connue sous le nomde brodequins , à la suite de laquelle elle avait eules pieds entièrement disloqués.
i. Il paraît que les Bernoises étaient duellistes par nature,car on lit dans une ancienne chronique : « Duellumfuit inRerno inter virum et mulicrem , sed mulicr prœvaluit » (1288).Il y eut un duel à Berne entre un homme et une femme ; celut celle-ci qui triompha.