Band 
Second volume.
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478
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seigneurial des comtes de Nidau , l’une des famillesles plus puissantes de cette partie de la Suisse . Jepris un bateau pour me rendre à l’ile cpii, d’uneforme peu gracieuse et peu pittoresque lorsqu’onla voit de loin, est charmante dès qu’on y dé-barque , tant la végétation y est belle et fraîche.La chambre qu’a habitée l’infortuné et célèbre au-teur d'Emile, est salie d’une foule de noms depèlerins obscurs, et, en feuilletant le registre danslequel les voyageurs s’inscrivent, je n’y ai guèretrouvé que des platitudes en fait d’éloges, commeen fait de critique. J’ai été fâché, dans le temps, devoir un écrivain du mérite de M. Simond repro-duire, contre Rousseau, une accusation banale,dont le temps a fait justice, et flétrir sa mémoire ,en le qualifiant d imposteur. Il se fût montré plusjuste s’il l’eût représenté comme un être faible,inconséquent, dont l’âme passionnée, l’ardenteimagination , le caractère mobile et irritable suf-fisent sinon pour justifier, du moins pour expli-quer la vie entière. L'éloquence de Rousseau esttrop enti’aînante, pour ne pas jaillir d’une convic-tion intime et profonde, et l’on n’écrit pas aveccelte verve-là quand on s’assied pour développerde sang-froid des paradoxes, et coudre ensembledes sophismes.