Band 
Second volume.
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ainsi qu’un énorme rempart, la cime dépouilléedu Jura .

Je m’arrêtais jadis volontiers à Nidau à l’ex-cellente auberge du Grand Ours. L’hôte était unhomme de fort bonne compagnie dont j’aimais laconversation agréable et instructive; quanta l’hô-tesse, elle jouait admirablement du piano, et fai-sait les honneurs de la maison avec un em-pressement tout-à-fait aimable. On n’y était paschèrement, et l’on s’y trouvait si bien qu’on yrevenait avec plaisir. Ces excellentes gens s’atta-chaient singulièrement à leurs pratiques. La mai-son est tombée en mauvaises mains, et les voya-geurs n’y vont plus.

J’ai déjà parlé des comtes de Nidau et du rôleimportant qu’ils ont joué dans le pays. Attachés àla maison d’Autriche , ils ont guerroyé, à outrance,contre les Suisses nouvellement affranchis, etcommandé souvent en chef les expéditions diri-gées contre eux. A la fin du i4 c siècle, les Bernoiset les Soleurois emportèrent le château d’assaut,après une résistance désespérée. En visitant leurconquête, les vainqueurs découvrirent, enfermésau fond du donjon, deux malheureux, pâles, dé-charnés, à demi-morts de faim et de misère, etqui s’exprimaient dans une langue inconnue; c’é-