chose au paysage. On a de la peine à se faire àleur absence; elle vous attriste. Le premier aspectdes glaciers produit une impression profonde, in-définissable, et leur effet sur l’imagination peutse comparer à celui de la haute-mer ou des sablesdu désert, à cela près qu’il est moins monotone.Il se déploie dans ce spectacle, vu sous des cir-constances favorables, une grandeur sublime quiest', plus que toute autre chose, propre à réveil-ler l’enthousiasme dans les âmes les plus engour-dies et les moins susceptibles de pareilles émotions.
A une demi-lieue au-delà de Souceboz , ontrouve le passage de Pierre-Pertuis , passagecreusé dans le roc, ainsi que son nom l’indique ,et qui serait d’un effet très pittoresque si lebassin de Tavannes, qu’on aperçoit au travers,était moins plat et moins nu. Cependant, cepaysage, tout pauvre qu’il est, fait encore assez,bien, encadré par cetle arcade naturelle. On vapeut-être me reprocher de faire, parce derniermot, tort aux Romains, ainsi qu’à la bonne reineBerthe, les uns ayant, dit-on, ouvert ce passageque l’autre a élargi. J’éviterai prudemment la dis-cussion, aimant mieux égayer mon récit par l’anec-dote suivante. Lors de l’invasion des Français dansl’évêché de Bâle , on s’entretenait vivement de