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niàtrément, et pour lequel ils avaient fait de sigrands’sacrifices en 98. Ces réflexions sont surtoutapplicables aux gouvernemens cantonnaux; car,pour ce qui est de la masse des populations, elleressentit presque instantanément l’effet de la com-motion qui ébranla l’Europe . La fermentation de-vint générale; la lutte, dès long-temps établieentre les partis aristocratique et démocratique,lutte qu’avaient suspendue l’acte de médiation etla réorganisation de la Suisse en 1814, recom-mença avec un nouvel acharnement. La diver-gence de ces deux opinions extrêmes se compliqueencore, dans ce pays, d’un élément de divisionqui lui est propre, je veux dire de cet antique es-prit d’hostilité régnant entre les habitans des villeset ceux des campagnes. Pour s’en expliquer l’ori-gine, il est nécessaire de se rappeler qu’avant lafin du dernier siècle, les villes exerçaient exclusi-vement la plénitude de la souveraineté, et que leshabitans des communes rurales se trouvaient, àleur égard, sur le pied de sujets , plus ou moinsdoucement administrés. De là naissaient une sortede préjugé nobiliaire et de tendance au despo-tisme, d’une part; de l’autre, le sentiment amerd’une infériorité réelle. Le plus mince bourgeoisde Zurich ou de Berne se croyait au-dessus du