— 5i8 —
complètement dénuées de ressources, ne vivaientque du salaire que leur payaient les fabricans deBâle . Tout rapprochement est désormais impos-sible entre cette ville et Liestall; des flots de sangles séparent. Ce canton fractionné a, ainsi queceux d’Unterwald et d’Appenzel, deux demi-voixen diète, lesquelles n’en forment une qu’autantque les députés s’entendent sur une même ques-tion. Séparées, ces deux demi-voix ne sont pointcomptées.
En finissant, je résumerai, en peu de mots,mon opinion sur l’état actuel de la Suisse . Aujour-d’hui ses populations sont libres et jouissent del’égalité des droits politiques; en sont-elles' plusheureuses? Je pense que non; du moins pour lemoment. Ce n’est pas en un jour que les nationsapprennent l’art difficile d’être libres; elles paient,le plus souvent, leur apprentissage par le sacrificetemporaire de leur repos et de leur bien-être. Pen-dant ces trois années, à vrai dire, il n’y a guèreeu, dans ce pays, que déplacement du despotisme.Après les révolutions , les passions mauvaisesqu’on a mises à l’œuvre, 'réclament impérieuse-ment leur salaire; la liberté se transforme en armeoffensive, aux mains du parti victorieux, et dansses rangs retentit l’impitoyable vœ victis! Mais