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Tome vingt-deuxième.
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!2§ M O N

/no n no ìes p a f ti ci ; ìi eres, pour y avoir courspendant le fiege , doit être un usage fortancien, puisque c’est la nécessité qui Faintroduite. En effet , ces pieces étantalors reçues dans le commerce pour unprix infiniment au - dessus de leur valeurintrinsèque , c’est une grande ressourcepour les commandans , pour les magis-trats , & méme pour les habitans de laville aíîìégée.

Ces sortes de monnaies se sentent dela calamité qui les a produites ; elles fontd’un mauvais métal, & d’une fabriquegrossière ; íì l’on en trouve quelques-unesde bon argent, & assez bien travaillées ,l’ostentation y a eu plus de part que debesoin.

Leur forme n’est point déterminée, ily en a de rondes, d’ovales, & de quar-rées ; d’autres en losange d’autres en octo-gone , d’autres en triangles, &c.

Le type & les inscriptions n’ont pasde réglés plus fixes. Les unes font mar-quées des deux côtés, & cela est rare ;les autres n’ont qu’une feule marque. Ony voit souvent les armes de la ville assié-gée , quelquefois celles du souverain , &quelquefois celles du gouverneur ; mais ilest plus ordinaire de n’y trouver que lenom de la ville tout au long , ou enabrégé , le millésime , & d’autres chiffresqui dénotent la valeur de la piece.

Comme les curieux ont négligé de ra-masser ces fortes de monnoies , il seroitdifficile d’en faire une histoire bien suivie ;cependant la diversité des pieces obsidio-naíes que nous connoissons , la singularitéde quelques-unes, & les faits auxqueíselles ont rapport , pourroient former unpetit ouvrage agréable , neuf & inté-ressant.

Les plus anciennes de ces monnoiesobfidionales de notre comioi(lance ont étéfrappées au commencement duxvj. siecle,lorsque François i. porta la guerre enItalie ; &: ce fut pendant les sieges dePavie &c de Crémone, en 1524 & 1^26.

Trois ans après on en sit presque desemblables à Vienne en Autriche , lors-que cette ville fut assiégée par Soliman II.Lukius en rapporte une fort singulière,.ífappée par les Vénitiens à Nicosie ,

MON

capitale de l’île dç Chypre , pendant lesiégé que Seíim II. mit devant cette îleen 1670.

Les premieres guerres de la républiqued’PIollande avec les Espagnols , fournis-sent ensuite un grand nombre de cesfortes de monnoies j nous en avons defrappées en 1573 > dans Middelbourgen Zélande , dans Harlem , & dans Ale-maer. La feule ville de Leyde en fit detrois diftérens revers pendant le glorieuxsiégé qu’elle soutint en 1474. O11 en a deSchoonhoven de Tannée suivante ; maisune des plus dignes d’attention, fut celleque frappèrent les habitans de Kampendurant le siégé de 1378 ; elle est mar-quée de deux côtés. On voit dans l’un &dans l’autre les armes de la ville, le nomau-desiòus, le millésime , & la note dela valeur. On lit au-dessis ces deux motsextremum Jiibfidium , derniere ressource,inscription qui revient assez au nom quel’on donne en Allemagne à ces fortes demonnoies ; on les appelle ordinairementpieces de nécessité ; celles qui furent frap-pées à Mastncht, en 1Ç70 , ne font pasmoins curieuses ; mais celles qu’on a frap-pées depuis en pareilles conjectures, necontiennent rien de plus particulier, ou deplus intéressant.

On demande si ces sortes de monnoies,pour avoir un cours légitime , doiventêtre marquées de la tête ou des armesdu prince de qui dépend la ville , fi l’uneou l’autre de ces marques peut être rem-placée par les seules armes de la ville ,ou par celle du gouverneur qui la défend ;enfin s’il est permis à ce gouverneur oucommandant de fe faire représenter lui—même sur ces sortes de monnoies. Je ré-sous toutes ces questions en remarquantque ce n’est qu’improprement qu’on ap-pelle les pieces obfidionales monnoies ;elles en tiennent lieu , à la vérité , pen-dant quelque temps ; mais au fond , onne doit les regarder que comme des es-peces de méreaux , de gages publics de lafoi des obligations contractées par le gou-verneur , ou par les migistrats dans destemps auffi cruels que ceux d’un siégé. Ilparoît donc fort indifférent de quellemaniéré elles soient marquées , pourvu