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mere encore jeune , sortant de sécole deson maître Egyptien. Le volume que cettefigure tier.t, & son visage jeune & beau ,que M. Gronovius trouve assez ressem-blant au portrait d’Homere aílìsau haut dumarbre , lui servent de fondement. Nousn’avons rien à dire fur la preuve qu’il tirede ce volume j car nous ne savons pasbien en quoi il peut désigner ici Homere ,mais quant à celle qu’il tire de la ressem-blance entre ces deux figures, elle est as-surément toute nouvelle & toute singulière& l’on ne sauroit nier sans injustice , qu’ellene soit due toute entiere à la pénétrationde M. Gronovius. L'autre figure qui estfous l’antre & qui joue de la lyre , lui sem-ble une de ces femmes savantes du vieuxtems , des lumières de laquelle Homèreauroit particulièrement profité en compo-sant ses ouvrages : il doute néanmoins sic’est Daphné ou la Sibylle, fille de Tiré-íìas ; ou Helene , ou la Fantaisie , femmequi avoit écrit l 'Histoire de Troye long-tems avant Homere. II croit avec MM.Cuper & Wetstein , que ce qu’on voitauxpieds de ces deux figures est le chapeaud’Ulyste ; mais il observe déplus une choiefort considérable , à laquelle ces meilleursn’ont pas pris garde : c’est qu’il y a un ru-ban posé sur ce chapeau , & que ce rubanest la ceinture d’Ulysse. Si l’on osoit hasar-der quelques conjectures dans une matièreauisi importante que celle-ci, ne pourroit-on pas dire , fans y chercher tant de mys-tère , que ce ruban n’est autre chose quel’attache du carquois posé sur le chapeau ?Mais cela seroit peut-être trop simple; &ne couteroit pas assez à l’imagination.
VI. L’explication de M. Wetstein nedifféré presqu’en rien de celle de M. Cuper.II prend l’Homme en manteau pour Ho-mere , rangé parmi les muses, après faconsécration : il prend pour l’Iliade & l’O-dyssée les deux figures qui font fous l’autre,& il croit que c’est un chapeau qui soutientl’arc & le carquois dépeints dans cet antre.
VII. M. Schott, conseiller , biblio-thécaire & antiquaire du roi de Prusse , aproposé une autre explication de ce célébrémonument, à laquelle nous nous arrêteronsun peu long - temps. II la divise en quatreparties : savoir , I. en remarques prélimì-
Torne XXII.
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naires ; II. en explication du marbre endétail ; III. en éclaircijsemensfur quelquesendroits , & IV enfin , en observationsparticulières.
I. Les remarques préliminaires roulentfur cinq endroits de ce marbre.
i. Le premier est l’antre , & ce qu’ilrenferme. M. Schott trouve là , non feule-ment les symboles d’Apollon, dans l’arc,le carquois & la lyre ; mais il y trouve en-core Apollon lui-même , tenant d’unemain la lyre & de l’autre le plectre. 11 croitque ce que MM. Cuper & Wetstein pren-nent pour un chapeau est une cortine , ins-trument du temple de Delphes, dont ondonnera l’explication dans la fuite ; & il re-garde comme la pythie , ou la prêtresse dece temple , la figure que MM. Cuper &Wetstein prennent pourl’Odyssée, & M.Gronovius pour Homere encore jeune.Tout cela paroît clair de soi-même à sau-teur ; mais il ne laiíle pas d’en promettrede bonnes preuves.
i. Le second est la montagne, que repré-sente le haut de ce marbre. L’auteur pré-tend avec le pere Kircher & N. Heinsiusque c’est le mont Parnasse, contre l’avisde MM. Cuper & Gronovius , qui veulentque ce soit le mont Olympe. II reconnoîtque le Parnasse avoit deux sommets, &qu’on n’en voit qu’un ici ; mais outre quel’ouvrier a pu se contenter d’un de ces som-mets pour son dessein , & qu’il a bien faitconnoître par un chemin tracé au - destiisde l’antre , qu’il y en avoit deux ; cet an-tre décide nettement la chose , car aucunauteur ancien n’a parlé d’un pareil antresur l’Olympe , au lieu que celui du Par-nasse , appellé Corcyrium par les anciens,est très-connu. On prouve cela par un pas-sage du dixieme livre de Pausanias, qu’onpeut voir dans l’auteur même.
3. Le troisième est la figure appuyée dela main gauche à Ventrée de l’antre. M.Schott croit que c’est la Pythie ou la prê-tresse d’Apollon, & non pas la Sybille,que les savans confondent souvent très-malà-proposavec elle Selon la remarque judi-cieuse de M. Petit , dont on rapporte unbeau passage , celle-ci pouvoi t prédire entout tems & en tout lieu , au lieu quecelle-là ne le pouvoit que lorsque, étant
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